#payetonauteur ou la notion de travail rémunéré

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J’étais fortement en retard sur la question de la rémunération des auteurs et j’ai tenté d’en savoir plus ce matin à propos du fameux #Payetonauteur. Plusieurs réflexions me sont venues. Si j’ai bien compris, au Salon du Livre de Paris, les organisateurs imposaient aux auteurs de venir parler avec leurs lecteurs et signer leurs livres gratuitement. Sachant que les lecteurs, eux, payent leur entrée et leurs livres. On demande donc à ceux sans qui le salon n’existerait pas d’être des dindons.

La petite phrase bien jolie-jolie « Trouvez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour. » pondue par on-ne-sait-qui (non, ce n’est pas Confucius) est trompeuse. Venant de quitter mon emploi alimentaire, je transformerais cette phrase ainsi « Trouvez un travail que vous aimez, dans de bonnes conditions et vous n’aurez plus à travailler la boule au ventre un seul jour. » Ce n’est pas parce qu’un travail est agréable qu’il ne demande pas rémunération. Sinon, le Roi des Français qui semblent bien prendre son pied n’aurait plus grand intérêt à exercer ses fonctions…

Le problème n’est finalement pas (encore) de COMMENT rémunérer les auteurs mais bien de RECONNAÎTRE leurs fonctions. Privez un enfant de lecture, d’imaginaire et vous verrez quel adulte il deviendra. Sans cette bouffée d’oxygène qu’apporte l’art, le monde serait sans aucun doute totalement fou (ce n’est déjà pas fameux…). Reconnaître l’écriture comme un métier, serait le plus grand pas à faire.

A nous, auteurs, de crier haut et fort qui nous sommes. Moi aussi, je ne donne pas toutes les raisons qui m’ont poussé à quitter mon emploi alimentaire. J’ai de grands progrès à faire. Ce matin, à l’école, en déposant ma fille, j’ai eu droit à cette phrase anodine « Du coup, tu ne fais rien aujourd’hui ? ». Ça me rappelle ce qu’on dit d’ailleurs aux parents au foyer. J’ai simplement répondu « Oh si, j’ai à faire ! ». Je n’avais pas à justifier davantage mon emploi du temps mais j’aurais peut-être dû car une maman a cru bon me défendre d’un « Oh oui, il y a toujours à faire dans une maison ! ». En effet, mais mon appartement restera en l’état sinon je n’écrirais jamais. Je me consacre donc 4h par jour à mon nouvel emploi (l’écriture n’étant, hélas, qu’une seule facette). Et il me faut encore apprendre à le dire la tête haute (si on me demande).

Bien entendu, ce petit texte est une goutte infime dans cette affaire. Je suis loin de faire partie des auteurs du Salon du Livre de Paris mais je n’ai pas l’intention de rester à ma place actuelle et je compte bien progresser et créer. Je prends donc mon élan pour, moi aussi, taper du poing sur la table et exiger ce qui me revient de droit.

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